Le secteur de la santé et du médico-social est un environnement exigeant, où les professionnels s’engagent chaque jour avec dévouement auprès de personnes fragiles. Pourtant, derrière cet engagement souvent vécu comme une vocation, se cachent des réalités plus sombres : le harcèlement au travail y demeure fréquent et parfois banalisé. Pressions constantes, critiques humiliantes, isolement volontaire de certains collègues, surcharge chronique ou remarques déplacées sont autant de situations qui s’installent dans le quotidien des équipes : le harcèlement au travail reste un phénomène largement sous-estimé.
Selon un sondage IPSOS / Qualisocial, près d’1 salarié sur 2 déclare ne pas être suffisamment informé sur le sujet, ni capable d’identifier clairement une situation de harcèlement. Un constat alarmant, dans un secteur où les conditions de travail sous tension peuvent justement favoriser ces risques. La formation et la sensibilisation des équipes apparaissent aujourd’hui comme des leviers essentiels pour protéger les professionnels et restaurer un climat de travail plus sain.
Des chiffres qui alertent

Le harcèlement au travail n’est pas un phénomène marginal. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon un sondage IPSOS / Qualisocial, c’est quasiment 3 salariés sur 4 qui estiment que le harcèlement au travail est une réalité répandue, et plus de 6 sur 10 jugent que la situation s’aggrave. Face à ce constat, le Code du travail est sans ambiguïté : aucun professionnel ne devrait avoir à subir de tels agissements. Une conviction que nous partageons pleinement.
Du côté des agissements sexistes, le tableau n’est pas plus rassurant. Selon le baromètre #StOpE, pour 8 femmes sur 10, les attitudes et décisions sexistes sont régulières au travail, un constat inchangé depuis deux ans. Et 2/3 tiers des femmes ignorent l’existence d’un référent harcèlement sexuel au sein de leur organisation.
Ce que dit la loi : des définitions précises pour agir avec confiance
Le droit français encadre clairement le harcèlement au travail, et les professionnels de la santé et du médico-social sont pleinement concernés.
Le harcèlement moral désigne des agissements répétés qui dégradent les conditions de travail d’un salarié au point de porter atteinte à sa dignité, sa santé ou son avenir professionnel.
Le harcèlement sexuel recouvre les propos ou comportements répétés à connotation sexuelle portant atteinte à la dignité d’un salarié, ou une pression grave, même non répétée, exercée pour obtenir un acte de nature sexuelle.
À noter : les comportements sexistes sont également inclus dans cette définition. Une simple remarque déplacée sur l’apparence physique peut suffire à caractériser l’infraction, et engager la responsabilité de l’employeur.
Ces définitions ont évolué ces dernières années. Les connaître, c’est déjà se donner les moyens d’agir juste, et de ne pas confondre harcèlement ou conflit interpersonnel dont les réponses sont très différentes.
Repérer les signaux et savoir à qui s’adresser
Les soignants sont deux fois plus nombreux que l’ensemble de la population active à subir des incivilités et des violences physiques ou verbales au travail. Et si ces agissements émanent souvent des patients ou de leurs familles, les violences internes entre collègues ou de la part de l’encadrement restent trop peu identifiées et signalées.
Les situations de harcèlement émergent souvent lentement. Les victimes hésitent à parler, par peur des représailles ou sentiment d’isolement.
Pourtant, les signaux existent : isolement d’un agent, absentéisme répété, perte de confiance, tensions récurrentes avec une même personne… Chacun, encadrant, collègue, représentant du personnel, a un rôle à jouer. Face à une situation préoccupante, plusieurs relais sont disponibles : le référent harcèlement, le CSE, le médecin du travail ou la direction des ressources humaines.
Se former, c’est protéger ses équipes et son établissement
La prévention du harcèlement se construit, dans la durée, avec les équipes.
La bientraitance commence aussi entre collègues. En tant que DRH, RRH, managers, cadres ou encore responsables, se former sur la prévention du harcèlement, c’est donner à ses équipes les clés pour reconnaître les situations à risque, connaître ses droits et obligations, et agir avec discernement.
Notre organisme de formation propose des parcours adaptés aux réalités du terrain, pour que chaque professionnel puisse exercer dans un environnement sain, respectueux et sécurisé.
Découvrez la fiche programme ! Prochaine session inter-entreprises le 25/06 : https://www.spirale-formation.fr/prevention-des-rps-et-qvct/prevention-du-harcelement/
Questions fréquentes :
Qui est le référent harcèlement et quel est son rôle ?
Le référent harcèlement est un salarié désigné au sein de l’entreprise pour orienter, informer et accompagner les salariés en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes. Sa désignation est obligatoire dans les entreprises de plus de 250 salariés. Dans le secteur de la santé et du médico-social, il constitue un interlocuteur clé pour les victimes qui osent franchir le pas.
Harcèlement ou conflit au travail : comment faire la différence ?
Un conflit au travail oppose deux personnes dans un désaccord ponctuel, avec un rapport de force relativement équilibré. Le harcèlement, lui, se caractérise par une répétition d’agissements dans la durée, un déséquilibre entre l’auteur et la victime, et un impact réel sur la santé ou les conditions de travail de cette dernière. Confondre les deux, conduit à des réponses inadaptées, d’où l’importance de se former.
Pourquoi former ses équipes à la prévention du harcèlement dans le médico-social ?
Selon un sondage IPSOS / Qualisocial, près d’1 salarié sur 2 déclare ne pas savoir reconnaître une situation de harcèlement. Dans le secteur de la santé et du médico-social, secteur soumis à de fortes pressions et majoritairement féminin, ce manque de repères est particulièrement préoccupant. Former ses équipes permet de développer les bons réflexes, de sécuriser l’établissement juridiquement, et de construire une culture de bientraitance cohérente, envers les résidents comme entre collègues.
Sources :
https://www.insee.fr/fr/statistiques/6047735?sommaire=6047805
https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_securite_des_professionnels_de_sante.pdf